IKONIUM HORS LES MURS


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lecture théâtralisée

9 décembre 2011

présentation françois eyriolles

 

RAYMOND QUENEAU

 

« quand on est pris du battant »

 avec les

BIBLIAMBULES

 

 

« quand on est pris du battant »

  

La nouvelle lecture-spectacle des Bibliambules aborde un continent poétique et romanesque non dépourvu de parenté avec celui de Norge.

Raymond Queneau un continent ! (est-ce lui qui nous pousse au calembour ?) Trois volumes de la pléiade pour les romans et la poésie.

Par ou commencer le voyage ?

Le choix fait par la troupe est marqué par le désir d’interpréter quelques-uns des personnages qu’on croirait parfois sortis du cinéma des années cinquante, et qui en même temps échappent au réalisme poétique par l’imprévisibilité et la fantaisie dont les dote Queneau. Personnages à l’identité souvent vacillante (nom, antécédents, sexe, profession, époque et lieux connaissent une instabilité enviable à une époque où la faute suprême est d’être sans-papiers).

Qui n’aurait envie d’en savoir un peu plus sur des individus qui répondent (plus ou moins) aux patronymes de Jojo Mouilleminche alias Chaliaqueue (chanteur) Trouscaillon (flicmane), Sidonie Cloche (avorteuse), Louis-Philippe des Cigales (poète), Saturnin Belhôtel (concierge), Laverdure (perroquet), Thémistocle Troc (zouave) ou Monseigneur Biroton (comme son nom l’indique) ?

Eh bien ces personnages, dans les scènes retenues pour ce spectacle, on pourra les voir s’ébattre et se débattre dans des situations classiques de l’intrigue romanesque, où Queneau les expose à la douce tyrannie du désir. Cela donne des séquences souvent très drôles, réinventant à partir de situations stéréotypées les étapes de la progression amoureuse ou galante – sans oublier la régression. Jeu d’avancées, de sur-place et de reculs qui, dans une belle humeur, n’exclut pas le mélodrame ou l’issue fatale (« séduite et abandonnée », « empoisonnée le jour de son mariage »…) et qui ravit par l’inventivité de la langue et la complicité sans cesse réactivée avec le lecteur.

Raymond Q. (tiens, Zazie qui se pointe…) interdit au lecteur la torpeur et le récompense à chaque page par une langue qui brouille les codes, perturbe les automatismes et redevient un instrument de plaisir.

Le choix des Bibliambules est de placer les scènes de la comédie amoureuse sous le regard impertinent et impitoyable de la créature la plus célèbre de l’auteur, la petite Zazie ( l’originelle, pas la chanteuse athlétique et tatouée ! )

Après quoi il sera temps, à l’occasion de rendez-vous ultérieurs, d’écouter Queneau parler de la pensée, de la mort, de quelques animaux, de festins, de poésie, de fêtes ou d’aspects divers de l’espèce humaine.