IKONIUM HORS LES MURS


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exposition en 3 actes

6 octobre au 11 novembre 2012

atelier d’artiste proposé par nane tissot

  

GERARD JOBLOT

PHOTOGRAPHIE


  

« le geste & la mémoire »

 

  

Qu’est-ce qu’une photographie ?

 

Le mot se forme au 19ème siècle des éléments photo et graphie qui signifient littéralement écriture de la lumière. C’est une technique de représentation du réel sensible et de reproduction d’images à l’aide des réactions chimiques à la lumière et de moyens optiques. La photographie traditionnelle du 19ème résultant de l’association de deux disciplines distinctes, l’optique et la photochimie dont les histoires remontent plus loin, aux 16ème et 18ème siècles.

Dans les trois actes de cette exposition, pensés comme un parcours dans le travail de Gérard Joblot, l’auteur nous montre les différents appareils, procédés, techniques, impressions, supports qu’il a apprivoisés, retenus, privilégiés comme réponses aux questions  qu’il se pose entre sens et forme.

Les clins d'oeil sont donc nombreux entre la définition posée en introduction

…et le parcours de Gérard Joblot : son lieu de naissance, Chalon-sur-Saône, la ville de Nicéphore Niepce et de Kodak, entre passé et présent

…et les sujets qu’il choisit, tous retenus dans la réalité qui l’entoure : Cluny, ses monuments, ses habitants, son paysage naturel environnant

…et l’attention qu’il porte aux moyens optiques et aux supports d’impression qui culminent dans leur diversité voulue dans la part des nombres. Citons : Impressions numériques pigmentaires sur 5 supports Canson différents : Platine Fibre Rag 310gr, Canvas PhotArt HD 400gr, Rag Photographique 210gr, Photo High Gloss 315gr, Photosatin 270gr. Quant à la lumière, il nous suffit d’observer les 381 photographies de l’exposition pour y voir la variété d’appréhension et de compréhension, - d’écriture - de la lumière qui s’y expriment.

 

Gérard Joblot est photographe

 


 

Qu’est-ce qu’une oeuvre d’art ?

 

Un objet visible, né du besoin vital d’un individu et qui tente de répondre à son questionnement sur sa place dans le monde et sur ce monde dans lequel il vit. Ce qui est représenté par cet objet - le sujet - varie. Quand l’adéquation, l’ajustement entre le sens voulu par l’auteur et la forme qu’il lui a donnée est aboutie, adaptée, profonde, l’objet devient oeuvre et parle au-delà de son histoire propre ; elle touche tout un chacun. L'oeuvre vit en dehors de son auteur. Elle acquiert une présence autonome, une épaisseur pour l’espace et le temps. Elle devient art.

 

Gérard Joblot est un artiste.

 

 

 

Le geste et la mémoire

 

Gérard Joblot décrit dans la préface de « Monuments » qui va être présenté cet automne, dans sa ville natale, à la salle du Carmel, son attention et son émotion respectueuses devant la présence comme « en creux » des monuments aux morts dans chaque commune française, du plus petit village à la plus grande métropole, provoquant de multiples associations, souvent graves, des plus personnelles aux plus collectives. Fort de ses découvertes, il regarde d’un autre œil, la nature qu’il arpente en marchant autour de chez lui, il pense les arbres en monuments et les bâtiments créés par l’homme en stèles de la nature. Il combine des espaces picturaux pour montrer entre flou et net, la musicalité de la lumière, pour anoblir un chemin, une haie, un fouillis de branches et les proposer comme une valeur sûre.

 

Gérard Joblot regarde en citoyen.

 

  

 

Nane Tissot

Commissaire de l’exposition

 

 

 

acte 1 

 monument aux vivants

mémoires de cluny

 

 

En écho à la série « MONUMENTS » installée dans le même lieu en novembre 2011 cette première partie est consacrée aux trois monuments aux morts de la cité clunysoise, absents de l'exposition précédente. Chaque monument fait l'objet d'un traitement photographique spécifique, à la prise de vue et dans la forme de présentation.

 

 

  

L'édifice dédié à la première guerre mondiale, situé au centre de la place de l'hôpital est représenté par une image où l’environnement urbain et contemporain du lieu prend toute son importance en opposition à la présence intemporelle du monument : clin d'oeil coloré et de grand format au travail du photographe Lee Freedlander « The American Monument ».

 


 

Adossé à l'église Notre Dame au coeur de la ville, l'ensemble consacré à la deuxième guerre mondiale est montré en trois laizes semi-transparentes et de très grand format, suspendues devant un mur tapissé de plusieurs centaines de portraits rendus anonymes par l'absence de visages, les corps mobiles vivants et chatoyants résonant à la présence monochrome de la mémoire de pierre. Ces images anticipent en outre l'acte 2 du cycle, la technique utilisée pour la prise de vue des portraits étant issue d'une longue pratique de « visée instinctive » avec des chambres à sténopés.




Les trente et une images qui composent la dernière présentation de cet acte 1 rendent hommage aux trente et un clunysois disparus dont le monument situé à l'entrée de Cluny, place des Martyrs de la Déportation, rappelle la mémoire. Ici c'est le troisième acte du cycle qui est annoncé par la technique d'assemblage numérique utilisée afin d'obtenir une image de la taille finale souhaitée.

 

De façon analogue à la série « MONUMENTS » cet ensemble, réalisé spécifiquement pendant l'été 2012, est une nouvelle tentative d'expérimentation photographique sur un thème et sur des lieux géographiques précis.

 Gérard JOBLOT

 



acte 2 

sténopés 2001 / 2006

 geste photographique

 

 

 

 

Les sept images de ce deuxième acte sont extraites d'une archive de près de deux mille plan-films réalisés entre 1997 et 2008 ; elles sont présentées ici pour la première fois au public.

Pendant cette période, j'ai conçu, fabriqué * et utilisé des chambres à sténopé adaptées à mes exigences de photographie en couleurs, explorant ainsi une approche de la prise de vue qui rompt avec les façons de faire habituelles.

Le choix s'est ainsi porté sur des images qui rendent compte de l'évolution de cette pratique au fil des années, de la spécificité du résultat obtenu et de l'orientation du regard que cela induit.

Dans « Couleurs captives » Gilles Verneret * * écrivait à ce propos :

...Le battement des paupières, c’est le mouvement de l’obturateur remplacé ici par le mouvement vivant du bras qui ferme (avec un cache) ou ouvre l’oeil du sténopé, comme le désir que l’on a de voir ou de ne plus voir, de saisir ou d’abandonner la vision au souvenir. Mouvement attaché à la notion de temps de pause si important qu’il nous ramène aux origines de la technique photographique... 


Gérard JOBLOT

 

 * Remerciements à Joël Dedianne de Bonnay dont l'aide précieuse a permis la réalisation de ces chambres.

* * Gilles Verneret est photographe, directeur de la galerie Le Bleu du Ciel, directeur artistique de la Biennale de la Photographie « 9PH » à Lyon.

 





acte 3 

paysages 2006 / 2012

 la part des nombres


 

Nous conclurons en présentant deux séries d'images réalisées entièrement avec les techniques numériques :

La première rassemble des images de petite taille avec de larges marges blanches où l'espace de la feuille et celui de l'image se conjuguent pour inviter le spectateur au voyage à l'intérieur de celui-ci. Le traitement de l'impression et le grain du papier d'art permettent, d'autre part, de retrouver la vibration lumineuse que j'affectionne.

La deuxième série est composée d'un ensemble récent où, avec l'assemblage numérique utilisé pour obtenir chaque vue, on retrouve les angles de champ larges du sténopé tant dans l'approche de la prise de vue que dans le résultat final. Chaque image est ici imprimée sur un support différent et spécifiquement choisi, rappel de l'activité d'imprimeur d'art que j’exerce depuis quelques années avec l'atelier 3dixièmes.

 

Gérard JOBLOT











 

Le Site de Gérard JOBLOT

Le Site de l’Atelier 3 dixièmes